La doyenne des acef


Historique de l'ACEF


1967 c’est loin, trouvez pas? L’Expo qui s’appelait «Terre des Hommes» -pas sûr qu’un nom comme ça passerait aujourd’hui- la minijupe faisait fureur, Michel Rivard avait une fleur dans les ch’veux...

Michel Rivard AVAIT des cheveux et ma blonde venait d’avoir deux ans.

1967 c’est loin, disais-je. À Thetford Mines, l’ACEF recevait sa charte; bien qu’elle existait déjà depuis 1965; tout d’abord sous le nom de «Conseil coopératif régional» -mis sur pied par 11 organismes coopératifs et syndicaux de la région de Thetford Mines- puis d’Association coopérative d’économie familiale, nom qui fut adopté lors d’un congrès national des conseils régionaux de la coopération.

Dès lors on se lance dans une entreprise d’envergure: la promotion puis la mise sur pied d’un comptoir coopératif. Puis peu de temps après la fondation officielle de l’organisme, le 25 février 1967, débutent les premiers cours sur le budget. On choisit la clé comme symbole distinctif, alors que le slogan sera «LIBÉRATION PAR L’ÉDUCATION». Autre événement de cette première année, le Congrès provincial des ACEF se déroule à Thetford Mines.

Au fil des ans, outre les cours sur le budget et les nombreux services rattachés à la consommation, l’organisme travaille à l’implantation d’une bibliothèque municipale, la promotion d’un centre de loisir coopératif, la création du comptoir familial, la mise sur pied d’une coop étudiante et de la coopérative funéraire; le tout entrecoupé d’interventions dans de nombreux dossiers, notamment la câblodistribution... déjà. Et souvent «avec les moyens du bord», faute d’argent, on continue. On procède au lancement d’un guide à l’usage des consommateurs, on est actif dans la création d’une télévision communautaire et dans les conflits sociaux, celui du secteur minier entre autres.

Toujours durant cette même période -milieu des années 1970- un autre gros dossier fait surface. Celui-ci concerne directement les entreprises P.E. Bonneville et les contrats de vente de maisons mobiles. Puis en 1981, survient le fameux scandale entourant la question des maisons isolées à la MIUF. Une histoire qui mobilise tout le monde.

Au milieu de la décennie, les dossiers concernent plus particulièrement la téléphonie, les «compagnies de finance» et les offres alléchantes d’emplois rémunérateurs publiées dans les quotidiens. Les problèmes qu’occasionneront les compressions à l’aide sociale, la question du libre-échange et le phénomène de concentration qui tend à se développer chez les câblodistributeurs (encore eux-autres!), viendront clore le chapitre des années 1980.

En 1990, 3500 personnes signent une pétition dénonçant les augmentations de tarifs proposées par le diffuseur (décidément) Cogéco. Le CRTC donne raison à l’ACEF et aux consommateurs. Exit l’augmentation pour cette fois.

Même si tout n’a pas toujours été rose, l’ACEF célèbre tout de même ses 25 années d’existence en 1992.

Et Hydro-Québec semble de plus en plus issu du même lit que les câblodistributeurs, au chapitre des hausses exagérées de tarifs. Une étude démontre que la société d’État a véritablement disjoncté avec des augmentations tarifaires atteignant les 75,9% entre 1980 et 1992. Les familles à faibles revenus se retrouvent face à des difficultés majeures concernant l’acquittement de leurs factures d’électricité. Ce qui produit de nouvelles situations d’endettement.

Toujours en 1992, L’ACEF produit un document concernant l’étagement des canaux et le financement de la télédiffusion et de la télédistribution. Un rapport volumineux qui laisse voir, en substance «le fossé grandissant entre les principaux intervenants de l’industrie, de la réglementation et les consommateurs.»

L’année suivante, l’organisme s’implante en Beauce et aux Etchemins. C’est aussi le début d’une longue enquête concernant les jeunes et le crédit, dont le rapport sera publié en janvier 1994. L’objectif consiste à recueillir tous les renseignements ayant trait au phénomène de l’endettement chez les jeunes de 16 à 20 ans et de vérifier leur connaissance quant à l’achat à crédit. À la fin de cette enquête, on s’est rendu compte que l’endettement progressait avec l’âge et les revenus, chez ce groupe particulier.

Ce qui a amené les auteurs à s’interroger sur ce qu’il adviendra de ces jeunes lorsqu’ils auront 25 ou 30 ans. «Feront-ils faillite?», lisait-on. Une question à laquelle le rapport tendait à répondre par l’affirmative, pour bon nombre de cas.

En 1994-1995, rebonjour Cogéco! L’ACEF est sans contredit le principal intervenant dans ce dossier. On met en garde la population vis-à-vis la façon de procéder du câblodistributeur, concernant l’ajout de certains canaux. Une technique de marketing qui consiste à obliger le consommateur à recevoir, pour une période déterminée, des chaînes auxquelles il n’a souscrit aucun abonnement. La période dite d’essai gratuit terminée, le consommateur devra lui-même signifier qu’il ne désire pas recevoir ces canaux. Sans quoi on le facturera automatiquement. Rappelez-vous, Cogéco avait même poussé l’audace jusqu’à faire appel à Nostradamus pour rejoindre ses foyers câblés. Une fois de plus, plusieurs consommateurs refusent la duperie au grand dam de Cogéco.

Le 3 octobre 1996, L’ACEF Amiante-Beauce-Etchemins vote une résolution stipulant le retrait de l’organisme de la Fédération des ACEF (FACEF). Compte tenu d’un grand nombre de facteurs, notamment au chapitre des changements d’orientation de la fédération, on préférera tisser des liens plus étroits avec les autres ACEF, que de continuer de siéger à la fédération.