ACEF Lanaudière
 
Les connaissances et les perceptions sur la situation des OGM dans Lanaudière sont fondées sur les résultats d’une vaste recherche réalisée par l’équipe multidisciplinaire responsable de ce travail de recension et d’information. Cette recherche, qui s’est terminée par un colloque à la fin de mars 2003, a été effectuée en deux parties : un sondage téléphonique (mars-avril 2002) et des groupes de discussions (mai 2002).

Le sondage a permis de rejoindre près de 1 000 producteurs agricoles actifs des 1 713 que compte Lanaudière :
ð 56% ont accepté de répondre aux questions;
ð 11% n’ont pu être rejoints;
ð 33% ont refusé de répondre au questionnaire en raison, entre autres, d’un manque de connaissances sur le sujet.

Des groupes de discussion ont ensuite été organisés dans les différentes municipalités régionales de comté (MRC). Des quelque 400 producteurs agricoles ayant manifesté leur intérêt à participer à ces groupes, environ une centaine ont été sélectionnés. La période de l’année (période des semences) a eu toutefois des conséquences négatives sur la participation réelle. Au total, près de quarante personnes y ont pris part.
 
Le quart des répondants au sondage affirment avoir déjà fait pousser des OGM : 56% de ceux-ci pendant plus d’une année; un autre 44%, une année seulement.

Les activités agricoles les plus intenses se situent dans les MRC Montcalm (35%) et dans d’Autray (31%). Elles sont suivies par les MRC de L’Assomption (12%), de Joliette (11%), de Matawinie (5%) et des Moulins (5%). (Note : reproduire la répartition – carte géographique - du rapport de recherche)

Dans Lanaudière, la production d’OGM est comparable à celle qui se fait ailleurs au Québec. On produit surtout du maïs (84%) et du soya (38%). La pomme de terre (8%) a connu une baisse significative au cours des dernières années.

Seuls 10% des répondants producteurs de maïs OGM et 15% des producteurs de soya OGM consacrent plus de 75% de leurs terres cultivables à ces cultures. La majorité y consacre de 1% à 24%. Même dans les MRC où la production d’OGM est la plus importante, la moitié et même un peu plus des agriculteurs réservent seulement le tiers de leurs terres aux OGM.

Les OGM cultivés sont surtout destinés à l’alimentation animale (maïs et soya), soit pour les animaux de ferme du producteur lui-même ou pour la vente à des fabricants de moulées animales. Une autre partie de la production est vendue à des grossistes pour exportation. Une petite partie est utilisée pour l’alimentation humaine (pomme de terre, soya, maïs).

Moins du tiers des producteurs d’OGM pratiquent l’entreprosage séparé
des récoltes OGM et conventionnelles.
Les producteurs agricoles en général connaissent peu ou mal les manipulations génétiques qui mènent à la création des OGM.

Certains ne savent pas la nature exacte des semences qu’ils utilisent et pensent avoir peut-être cultivé des OGM à leur insu.

Les agriculteurs obtiennent leurs renseignements sur les OGM dans les médias (journaux et revues spécialisés, journaux et magazines d’intérêt général, télévision) et, pour près du quart des producteurs d’OGM, auprès des vendeurs, représentants et commerces où on vend des semences. Par contre, une bonne part des agriculteurs considèrent qu’ils manquent d’information sur les OGM et plusieurs croient que celle disponible manque d’objectivité.

Les arguments avancés pour démontrer les avantages et les inconvénients des OGM sont, curieusement, souvent les mêmes et se contredisent.

Le principal avantage reconnu à la culture des OGM, par 40% de tous les répondants au sondage et par plus de la moitié des producteurs d’OGM, est la réduction de la quantité d’herbicide et d’insecticide. Le principal inconvénient, reconnu par 35% de l’ensemble des répondants, est le risque possible pour la santé humaine; pour 30% des producteurs d’OGM, c’est plutôt la méfiance des consommateurs.

Le tiers des producteurs agricoles croient qu’il n’y a pas d’OGM dans l’alimentation de leurs propres animaux d’élevage; 13% affirment qu’il y en a; près de 25% ne le savent pas. Il n’y aurait aucun moyen, pour ceux qui achètent la moulée de leurs animaux, de savoir si celle-ci contient ou non des OGM.

Les avis sont partagés à propos des liens entre les OGM et les principaux risques pour la santé - allergies, intoxications ou résistance aux antibiotiques – qui leur sont possiblement attribués. Entre le quart et près de la moitié des répondants croient que c’est possible tandis qu’une autre proportion (entre le quart et le tiers) croient que non. Les producteurs qui ont déjà cultivé ou cultivent des OGM reconnaissent moins souvent les liens possibles entre ces produits et les maladies évoquées. Ils affirment qu’ils sont sans doute moins nocifs que l’utilisation intensive de pesticides dans l’agriculture conventionnelle.

Deux attitudes contraires sont défendues par les agriculteurs quant aux éventuels risques pour la santé : le principe de précaution c’est-à-dire que davantage de recherche soit faite avant la mise en marché des OGM ou, à l’opposé, ne pas s’inquiéter et ne pas imposer des mesures plus contraignantes puisqu’aucun effect nocif pour la santé humaine n’a encore été démontré.

Plus les revenus agricoles bruts sont élevés moins les producteurs se disent préoccupés par la présence d’OGM dans la nourriture animale et pour les risques liés à la santé humaine.