La pauvreté, les exclus et l'appauvrissement des individus :

La pauvreté, tout le monde en parle, chacun a sa petite histoire à raconter, chacun pointe du doigt une cause possible, beaucoup de paroles se disent.

C'est un beau sujet de discussion pour intellectuel au coin du feu, mais existe-t-il vraiment une volonté de la part de notre société, principalement de la part de notre élite qui tient les rennes du pouvoir, d'enrayer ce problème ?

On nous montre la pauvreté des autres pays, le tiers-monde et ses enfants, les pays sous-développés et leur misère. Mais peut-on imaginer qu'il y a aussi au Québec un tiers-monde? La misère est bien plus proche de nous qu'on veut bien le croire. Pourtant c'est à coups de canon que l'on tire sur nos propres pauvres.

Quel mépris pour les gens sur l'aide sociale: des fraudeurs, des fainéants! Cela nous arrange de penser cela, un autre moyen pour apaiser notre conscience, justifier notre indifférence et notre immobilisme. Plus que cela, en offrande au dieu profit, on appauvrit les moins pauvres ainsi que la classe moyenne qui n'a plus de moyen que le nom.

Les mises à pied temporaires ou définitives deviennent monnaie courante, les employés à temps partiel font l'affaire des compagnies pour éviter de payer trop d'avantages sociaux, les travailleurs autonomes, à commissions ou à contrat sont de plus en plus nombreux, tout comme ceux à qui on dit de créer leur propre emploi. Tous ces gens deviennent tellement autonomes qu'ils manquent de revenus pour survivre. Et tout cela malgré une société qui globalement s'enrichit, malgré toutes ces nouvelles politiques que l'on veut sociales et dont se vantent nos élus.

Nous constatons, nous qui travaillons avec le monde tous les jours, que non seulement les pauvres restent pauvres, souvent à vie, mais que leur nombre augmente, surtout ces dernières années. Les situations deviennent de plus en plus dramatiques.

Nous constatons aussi qu'il est plus dur d'être pauvre dans un pays riche car l'espoir de s'en sortir est très mince et que la pauvreté n'est plus seulement une question d'argent. C'est aussi une question de préjugés et d'exclusion accompagné d'un manque de volonté sociale et politique d'enrayer ce fléau.

D'après les spécialistes, le Québec détient le titre de champion de la pauvreté, le plus haut taux de pauvreté au Canada en 1994 : 20,2% alors que la moyenne canadienne se situe à 16,6% d'après les chiffres du rapport publié par le Conseil national du bien être social.

Pire que cela, si on se compare avec d'autres pays industrialisés tels que les États-Unis, l'Allemagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas ou la Suède, le Québec et le Canada ont un des plus haut taux de pauvreté.

Comment comprendre cela quand nos politiciens se vantent d'avoir le pays avec la meilleure qualité de vie.

Devant ce tableau, plusieurs questions me viennent à l'esprit :

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