Une assurance-vie? Pour qui et pour quoi?
Lorsque l’on s’assure c’est pour se protéger d’un risque. Par exemple, on assure ses biens avec l’objectif de les faire remplacer en cas de vol, sa voiture pour la faire réparer en cas d’accident.
Par contre l’assurance-vie existe non pas pour se protéger personnellement d’un risque, mais afin de protéger nos survivants des pertes financières liées à notre décès. Théoriquement, les personnes qui auraient avantage à prendre une assurance-vie sont celles qui laisseront lors de leur décès des personnes dans le besoin (enfants ou/conjoint).
Il est important de faire l’exercice d’identifier ses besoins en assurance-vie. C’est un exercice très rationnel qui se fait avant de rencontrer un agent d’assurance. Afin d’être en mesure de bien cerner le montant de la prime d’assurance-vie qui correspond à ses besoins, il important de déterminer à qui et à quoi elle servira. Il faut d’abord évaluer avec son conjoint les besoins financiers lors du décès de l’un ou de l’autre et le nombre de personnes qui seront à la charge du survivant.
Première étape: Le bilan financier avant décès
Établir un bilan financier, c’est faire un portrait de nos actifs (maison, auto, épargne, RÉER) et de nos passifs non-assurés (dettes, hypothèques, prêts personnels…). Souvent on possède déjà une assurance pour l’hypothèque ou pour d’autres dettes. Il faut savoir que lors du décès, des aspects de notre ” passif ” seront assumés par l’assurance déjà contractée. Suite à ce bilan, on est en mesure de déterminer si, lors de notre décès, on laissera à nos héritiers plus d’actifs que de passifs ou l’inverse.
C’est aussi le temps de réfléchir sur la possibilité que le survivant vende certains actifs pour payer les passifs ou pour maintenir, avec ces revenus, son niveau de vie actuel ? Cette étape permet d’établir des priorités concernant ses besoins financiers réels en assurance-vie, Par exemple, si l’on est propriétaire d’une maison vaut 100 000 $ et qu’au décès d’un des conjoints l’hypothèque restante est de 50 000 $, le survivant pourrait décider de vendre la maison. Le gain servirait à subvenir aux besoins de la famille pendant quelques temps.
Si à l’inverse, lors de notre décès on laisse plus de passifs que d’actifs, la prime d’assurance-vie pourrait permettre aux survivants de se débarrasser de ces passifs afin de mieux subvenir aux besoins de base de la famille.
Deuxième étape: Le portrait financier après décès
Cette étape consiste à tenter de déterminer les revenus et les actifs disponibles suite au décès de l’un ou l’autre des conjoints (rentes, pension du survivants, autres….). Ces montants seront différents d’un conjoint à l’autre.
Essayez d’évaluer de la façon la plus réaliste le budget mensuel des survivants. Le décès d’un membre de la famille aura des conséquences sur certains postes budgétaires, une baisse évidente des revenus si la personne décédée travaillait et aussi une baisse de certaines dépenses comme l’épicerie, les vêtements, les transports…
Suite à cet exercice, déterminez les besoins financiers à moyen et à long terme des survivants. Veut-on être en mesure d’assurer les moyens financiers pour les études des enfants suite au décès ? Est-ce que l’on veut seulement payer les frais funéraires ? Ces besoins peuvent être très variables. Il faut donc se fixer des priorités car le montant de la prime d’assurance-vie a une incidence directe sur les paiements mensuels que vous aurez à faire. Il faut tenir compte du fait que la période qui suit le deuil est vécue différemment d’une personne à l’autre. Certains arrêteront de travailler temporairement, d’autres retourneront sur le marché du travail, déménageront et referont peut-être leur vie avec un nouveau conjoint.
Troisième étape : Déterminer la capacité à faire face au montant de la prime à payer pour l’assurance souhaitée
Selon vos moyens financiers actuels, êtes-vous en mesure d’assumer ou non une grosse prime d’assurance-vie ? Par exemple, on pourrait décider de diminuer la prime pour qu’elle serve seulement à soutenir financièrement la période de transition suite au deuil et les frais funéraires.
Évaluer le budget mensuel actuel, quels sont les revenus et dépenses présentement ? Que reste-t-il (déficit ou surplus) ? Quelle est la place que l’on peut faire à l’intérieur de ce budget pour une prime d’assurance qui correspond au montant d’assurance souhaité ?
Cette étape vous mettra peut-être devant des choix difficiles, comme dediminuer le montant souhaité pour être en mesure de faire face à la prime mensuelle sans trop de conséquences négatives sur votre budget actuel. Vous pouvez vous dire que lorsque vos moyens financiers augmenteront vous renégocierez un nouveau contrat d’assurance. Il y a souvent dans les contrats d’assurances des clauses qui vous permettent d’augmenter les montants sans pénalité ce qui, bien sûr, augmentera la prime mensuelle.
Quatrième étape: Le magasinage
Magasiner le type de contrat d’assurance-vie. Il existe sur le marché deux grands types d’assurance-vie. L’assurance-vie temporaire et l’assurance-vie entière, permanente ou universelle. Les principales différences sont les suivantes.
Assurance-vie temporaire
L’assurance-vie temporaire est généralement prise pour une période déterminée (5, 10 ou 15 ans). A la fin de la période choisie, la police est échue.. Il y a parfois des clauses de renouvellement pour transformer la police en assurance-vie permanente. Un des avantages de ce type d’assurance-vie est le coût moins élevé des primes mensuelles, donc une marge de manoeuvre plus grande au niveau du budget dans une période de la vie (jeune famille) où les besoins financiers sont plus pressants.
Un autre aspect à considérer est l’échéance du contrat. L’assurance-vie temporaire peut servir durant la période où vous avez le plus besoin d’être assuré, c’est-à-dire le temps que les personnes à charge deviennent autonomes. Éventuellement, ces personnes à charge ne le seront plus dans 15 ou 20 ans et à ce moment, il est fort probable que vous ayez accumulé quelques actifs que vous serez en mesure de léguer en héritage.
Assurance-vie universelle
L’assurance-vie universelle est un contrat à vie. Vous payez des primes habituellement plus élevées tout au long de votre vie et le contrat se poursuit jusqu’à votre décès. Il y a souvent possibilité d’avoir une clause “valeur de rachat”. Ce qui vous permet d’avoir accès à un montant d’argent (souvent très minime par rapport aux primes payées) lors d’éventuelles difficultés financières. Sachez que l’assureur vous prêtera cet argent, à un taux d’intérêt souvent moindre que les institutions financières, mais il reste que c’est un prêt que vous devrez rembourser sinon il sera prélevé sur le montant que recevra le bénéficiaire lors de votre décès. Vous pouvez aussi avoir accès à ce montant en mettant fin tout simplement à votre contrat.
Mises en garde:
Avant de rencontrer un agent d’assurance, prenez le temps de bien vous préparer. Il existe plusieurs clauses à l’intérieur même des deux types d’assurance-vie que nous avons décrites. Posez des questions et prenez le temps de comparer avant de prendre une décision finale.
Enfin, méfiez-vous des arguments de vente tel que ” l’assurance-vie est une forme d’épargne “. C’est faux. La valeur d’achat proposée est souvent très minime et ce sont vos bénéficiaires seulement qui auront accès au montant d’assurance lors de votre décès. Si votre objectif est de mettre de l’argent de côté pour votre retraite, l’achat d’une propriété ou les études de vos enfants, l’assurance-vie ne vous permettra pas d’y arriver. Ce sont plutôt l’investissement dans des produits tels que placements, obligations, RÉER ou autres qui vous aideront à réaliser ces rêves.
Un argument de vente souvent utilisé pour vous faire acheter une assurance-vie à vos enfants est celui du moindre coût des primes mensuelles. Il est en effet moins cher d’assurer un enfant qu’un adulte, mais posez-vous la question au niveau du risque: lors du décès d’un enfant laisse-t-il des personnes dans le besoin ? Fort probablement que non, les seuls coûts à assumer seront les frais funéraires. Achèteriez-vous une deuxième voiture que vous n’utiliseriez pas si on vous la vendait à moitié prix?
En conclusion, magasiner une assurance-vie nécessite une bonne préparation. Un bon agent d’assurance devrait vous aider à faire les étapes que nous vous avons proposées dans ce texte. Cependant, il est toujours préférable d’avoir soi-même une bonne préparation avant d’inviter un agent chez soi.
Il est intéressant de savoir qu’un grand nombre de plaintes déposées dans le domaine des assurances concernent le renouvellement de l’assurance-vie. Il semble que les consommateurs reçoivent souvent de mauvaises informations sur cette question. Sachez que votre assureur doit vous faire remplir un document intitulé ” Préavis de remplacement de police d’assurance-vie ” qui vous permet d’évaluer la pertinence de renouveler votre assurance. Informez-vous à l’Autorité des marchés financiers pour obtenir ce formulaire: 514 395-0337 ou 1 877-525-0337
site internet: www.lautorite.qc.ca
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*L’Autorité des marchés financiers a été créé par la loi sur la distribution des produits et services financiers entrée en vigueur en octobre 1999. Il a pour mission de veiller à la protection du public dans les domaines suivants:
-assurances de dommages
-expertise en règlement de sinistres
-assurance de personnes
-planification financière
-courtage en contrats d’investissement
-courtage en épargne collective
-courtage en plans de bourses d’études
