Depuis janvier 1999, la majorité
des constructions résidentielles est soumise au nouveau règlement
sur les garanties des bâtiments résidentiels neufs de la
Loi sur le bâtiment. Ce règlement impose à des corporations
privées reconnues par la Régie du bâtiment du Québec
(RBQ) un cadre pour l'administration de garanties de maisons neuves, une protection
qui devient du même coup obligatoire.
Trois
associations d'entrepreneurs ont été autorisées par
le gouvernement pour administrer la nouvelle garantie obligatoire.
Cette garantie constitue une amélioration sur plusieurs aspects. La
couverture est plus large, les mécanismes sont plus transparents et
plus expéditifs.
Les consommateurs ne doivent toutefois pas conclure que l'on peut désormais
acheter une maison neuve les yeux fermés. Bien au contraire!
La garantie n'interviendra qu'en cas de défaut de votre entrepreneur.
C'est d'abord avec ce dernier que vous devrez argumenter en cas de dispute.
Parfois, la discussion est longue et pénible.
Mieux vaut éviter toute dispute en prenant soi-même quelques
précautions.
Choisissez judicieusement votre entrepreneur. Informez-vous sur son passé.
Demandez lui une liste de clients et vérifiez ses références.
Vérifiez auprès de la RBQ et de l'ACQC si ce constructeur a déjà fait l'objet de plainte.
La garantie ne couvrira au maximum que cinq ans (vices majeurs), trois ans
pour les vices cachés. C'est sûrement moins que la durée
raisonnable à laquelle vous vous attendez d'une maison neuve.
En dehors des conditions de la garantie et du temps et de l'argent requis
pour y faire valoir ses droits, votre premier interlocuteur demeure l'entrepreneur.
Ses obligations envers vous sont plus larges que celles de la garantie et
cette dernière n'interviendra que si son entrepreneur n'intervient
pas, trop souvent en tentant d'interpréter de façon restrictive
ses obligations légales. N'oublions pas que les garanties sont administrées
par des associations d'entrepreneurs.
Quelles obligations?
Sachez qu'il n'y a pas UN code de construction unique et obligatoire partout
au Québec. À part certaines
lois et certains règlements sous la responsabilité de la
RBQ, ce sont les municipalités qui adoptent, à leur gré,
un règlement de construction. Certaines municipalités ont carrément
abrogé leur règlement, devant les risques judiciaires auxquels
elles s'exposaient. Dans les faits, de nombreuses municipalités semblent
éprouver beaucoup de difficultés à imposer un minimum
de règle en construction résidentielle et les pires ne sont
pas nécessairement les plus petites...
Le Code
national du bâtiment (CNB) du Conseil
national de recherche du Canada fait habituellement référence
mais n'a pas force de loi. L'ACQC réclâme depuis des années
que le gouvernement du Québec adopte un code de construction unique
et obligatoire, comme le prévoit la Loi sur le bâtiment. Il semble
même que la nécessité d'un code fasse concensus. Personne
ne s'est encore offert cependant pour prendre la responsabilité de
veiller à son application.
La nouvelle garantie impose le respect des règles de l'art et des codes
reconnus, notamment le CNB, mais une clause échappatoire rend possible
certains oublis, s'ils ne portent pas atteinte ou ne sont pas de nature
à porter atteinte à la qualité, à la sécurité
ou à l'utilisation du bâtiment. Une porte ouverte aux débats
d'experts.
On n'est jamais mieux servi que par soi-même
Le client, c'est vous! Lors de l'achat d'une maison neuve, imposez vos conditions!
Faites anoter par écrit toute promesse ou condition verbale.
Le Code
civil du Québec vous permet à tout moment lors de la construction
ou de la rénovation d'un immeuble, de vérifier l'avancement
des travaux de même que la qualité du travail et des matériaux.
L'exercice de ce droit ne doit toutefois pas nuire au déroulement des
travaux.
À certaines étapes clés des travaux, vous pourriez choisir
de mandater un professionnel de votre choix pour faire ces inspections. Vous
devriez alors déléguer à votre inspecteur les pouvoirs
que vous donne le Code civil, en ajoutant au contrat préliminaire une
clause d'inspection à cet effet.
La prise de possession
du bâtiment constitue une des étapes les plus importantes.
Légalement, la réception du bâtiment est l'acte par lequel
le client déclare l'accepter, avec ou sans réserve. C'est donc
à ce moment que vous signez un document dans lequel vous devez dresser
la liste de tous les vices apparents, malfaçons ou travaux inachevés.
Ce document a une incidence sur la garantie.
Une inspection minutieuse s'impose alors et si vous n'êtes pas doué
en construction, vous auriez tout intérêt à vous faire
accompagner par un professionnel du bâtiment, au moins à cette
dernière étape de la prise de possession.
Hypothèque légale
La garantie ne couvre pas les sols contaminés, ni les hypothèques
légales. Dans ce dernier cas, afin d'éviter d'avoir de mauvaises
surprises d'un sous-contractant ou d'un fournisseur de matériaux qui
n'aurait pas été payé par l'entrepreneur général,
vous pouvez demander au notaire de retenir
une somme à la fin des travaux, environ 15% du coût total,
tant que celui-ci n'a pas l'assurance que tous les sous-contractants et tous
les fournisseurs de matériaux ont bel et bien été payés.
Trente jours après la fin des travaux, le risque de voir inscrire une
hypothèque légale s'éteint.
Les membres de l'ACQC peuvent obtenir une liste de professionnels
recommandés pour l'inspection d'une maison neuve en cours de travaux
et lors de la prise de possession.
Sur les obligations de l'entrepreneur, lire également, dans le Code
civil du Québec, les articles 2101
à 2109 (dispositions générales sur les contrats d'entreprise
ou de service) ainsi que les articles 2110
à 2116 et 2117 à 2124 (dispositions particulières aux ouvrages).
TOUS DROITS
RÉSERVÉS
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Dernière
mise à jour: 2005-04-22