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Pyrite: l'impact du programme
d'aide
par Me Claude Coursol
conseiller
juridique de l'ACQC
Au mois de juin dernier, le Gouvernement du Québec adoptait
finalement le décret procédant à
l'instauration d'un programme d'aide aux propriétaires de
bâtiments résidentiels endommagés par
le gonflement de la pyrite.
Essentiellement,
il s'agit d'une subvention devant alléger le coût
des travaux que doit assumer le propriétaire. Pourtant, il
est légitime que certains propriétaires se posent
des questions sur l'impact de cette aide sur le recours en vice
caché qu'ils comptaient entreprendre, sur celui qu'ils ont
déjà entrepris ou encore sur le
règlement hors cour qu'ils étaient à
négocier.
Précisons
d’abord que l’octroi de l’aide
gouvernementale à un propriétaire victime de
dommages causés par la pyrite ne
l’empêche pas d’entreprendre contre son
ou ses vendeurs un recours en vice caché aux fins
d’obtenir remboursement du coût des travaux
à faire. Cela a son importance puisque le programme
d’aide ne couvre pas, loin de là, la
totalité de ces coûts. Cependant, il va de soi que
si un recours venait à être entrepris, il devra
tenir compte de l’aide reçue ou à
recevoir. Ainsi, la réclamation
présentée au tribunal devra être
amputée de l’aide gouvernementale.
À
cet égard, le même principe s’appliquera
pour les recours déjà entrepris. Au plus tard
lorsque l'audition aura lieu, il conviendra d’amender sa
procédure afin de tenir compte de l’aide
gouvernementale reçue ou à recevoir.
Incidemment, il est plus que probable que les tribunaux refuseront
d'octroyer au propriétaire d’un bâtiment
la portion de sa réclamation pour laquelle il aurait
été en mesure de recevoir de l’aide
gouvernementale. Par prudence, tous ceux qui ont
déjà entrepris des réclamations en
justice devraient donc procéder aux démarches
appropriées afin de recevoir l'aide disponible. Notons
cependant que cette mesure de prudence ne sert à rien si les
travaux de correction ont déjà
été effectués sans qu’un
certificat d’admissibilité n’ait
été délivré. En effet, le
programme d’aide n'est pas rétroactif et ne couvre
pas les travaux déjà
exécutés avant la délivrance de ce
certificat. En tel cas, le propriétaire conservera donc son
recours contre son vendeur pour la totalité des
coûts.
Il
est raisonnable de croire que le programme d’aide facilitera
la négociation de règlement hors cour.
À cet égard, nous suggérons
qu’il ne soit pas tenu compte de la subvention à
recevoir lorsque vient le temps pour les parties
d’établir la participation de chacune dans la
prise en charge des coûts, autrement qu’en
introduisant une stipulation voulant que chaque partie
bénéficiera de l’aide à
recevoir au prorata des coûts qu’elle assume. Nous
trouvons hasardeuse une certaine pratique qui consiste à
déduire la portion admissible à l'aide des
coûts que les parties se partagent. En effet, si cette aide
venait à ne pas être versée, en tout ou
en partie, peu importe la raison, ce serait alors au
propriétaire d’assumer en plus cette portion des
coûts.
Remarquons
cependant qu’il demeure possible de rendre un
règlement hors cour conditionnel à l'obtention
d’une aide gouvernementale. En tel cas, un soin tout
particulier devrait être apporté lors de la
rédaction de cette condition, de sorte à ne pas
engendrer un nouveau litige en voulant en régler un.
Enfin, bien qu'une certaine incertitude règne à
cet égard, puisque le programme d’aide vise des
travaux dont l’objectif est le maintien de la valeur
existante et non l’apport d’une plus-value, aucun
impact fiscal ne devrait résulter des sommes
versées au propriétaire par l'État.
Me
Claude Coursol collabore bénévolement avec l'ACQC
depuis plus de dix ans. Il pratique en cabinet privé à
Laval. Pour prendre rendez-vous avec lui,
téléphonez au 450 687-5883.
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