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Trucs et conseils

Lettre de l'ACQC
à la ministre responsable de la Régie du bâtiment

Montréal, le 22 décembre 1999

Madame Diane Lemieux
Ministre d’État au Travail et à l’Emploi
200, chemin Sainte-Foy, 6e étage
Québec (Qué.)
G1R 5S1


OBJET : CONSTRUCTION RÉSIDENTIELLE - QUALITÉ DES REMBLAIS SOUS DALLE


Madame la ministre,

Lors d’une récente rencontre avec votre directrice adjointe de cabinet, Madame Suzanne Beauvais, nous avons déploré le fait que la Régie du bâtiment ne se soit pas impliquée jusqu’à présent dans le dossier du gonflement des remblais pyriteux. Voici, en quelques lignes, pourquoi nous croyons que la RBQ, organisme responsable de la normalisation en construction, peut jouer un rôle important en regard de la qualité de la pierre de remblai pour les nouvelles constructions.


Le contrôle de la pierre de remblai sous dalle pour les constructions résidentielles neuves et la rénovation demeurent à ce jour un problème majeur pour les consommateurs. La procédure de contrôle volontaire élaborée par le Comité technique québécois d’étude des problèmes de gonflement associés à la pyrite (protocole CTQ M-100) et adoptée par l’industrie depuis avril 1999 n’a pas permis de fournir aux consommateurs une assurance suffisante sur la qualité des remblais.

En outre, les producteurs de pierre ont évalué que dans les secteurs affectés par les problèmes de gonflement des remblais, environ la moitié seulement des bâtiments résidentiels neufs ont été construits avec un remblai certifié lors de la saison de construction du printemps 1999. Le public est peu conscient de cette situation mais les victimes actuelles de la pyrite qui le savent en sont choquées.

Aussi, l’absence de contrôle à la sortie de la carrière amène les laboratoires qui certifient le produit à menacer de se retirer du processus (voir ci-joint la lettre de l’ACLE au président du Comité technique).

Nous ajoutons à ce constat les difficultés de contrôle dans les carrières elles-mêmes, les questions scientifiques qui demeurent sans réponses, comme l’influence des eaux de surface et des nappes souterraines, et les problèmes de gonflement qui peuvent survenir même avec une pierre certifiée, lorsque la qualité du béton laisse à désirer ou en l’absence d’un bon pare-vapeur entre le remblai et la dalle (attaques sulfatiques du béton).

L’idée de suggérer aux municipalités d’imposer aux constructeurs, par réglementation, l’utilisation d’une pierre certifiée “DB” peut contribuer à rétrécir les mailles du filet. Les municipalités préviennent toutefois qu’elles ne veulent assumer aucun contrôle ni aucune responsabilité supplémentaire si elle décidait de modifier leurs règlements en ce sens.

Comme trop souvent, plusieurs intervenants se sont lancés la balle jusqu’à présent et les consommateurs qui connaîtront des problèmes dans l’avenir se retrouveront encore une fois incapables de rendre qui que soit responsable.

L’ACQC croit que la qualité des remblais sous dalle est un problème de l’industrie de la construction et suggère que votre gouvernement renvoie ce problème aux principaux intéressés: les constructeurs et leurs fournisseurs.

L’ampleur du problème de la pyrite est en grande partie la conséquence du laisser-faire des constructeurs et des carriers. Il ne serait que raisonnable de forcer l’industrie à corriger définitivement le tir, en imposant des résultats et en lui laissant le choix de la méthode.

Ainsi, une solution très simple consisterait à modifier le Règlement sur le plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs afin d’imposer aux administrateurs de plan une garantie additionnelle de trente ans couvrant tout problème lié au gonflement des remblais sous dalle ou aux attaques chimiques des dalles. Le Code national du bâtiment contient déjà tous les articles pour éviter ce type de problème. Il suffirait donc à l’industrie de se discipliner et de souscrire à une assurance supplémentaire, dont le coût sera certainement inférieur aux mesures envisagées actuellement.

Si une telle garantie est imposée en maison neuve, les consommateurs pourront aisément retrouver sur le marché une protection semblable dans le cas de travaux de rénovation.

Nous croyons que cette proposition s’inscrit dans la volonté gouvernementale d’allègement réglementaire et de responsabilisation de l’industrie.

En souhaitant que ces suggestions puissent vous être utiles, veuillez agréer, Madame la ministre, l’expression de mes sentiments distingués.

Bernard LaFrance
Président

    CC : Madame Louise Harel
    Monsieur André Marcil, SHQ
    Monsieur Claude Desmeules, SHQ
    Monsieur Alcide Fournier, RBQ
    Monsieur Michel Dussault, ACLE
    Union des municipalités du Québec
    Fédération québécoise des municipalités