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Plomberie de plastique Poly-B
Est-ce que le règlement des recours collectifs
en fait une affaire classée?
À la suite des recours collectifs intentés contre les compagnies américaines Shell Oil et Du Pont de Nemours,
les consommateurs des USA ont pu bénéficier, en 1995,
d'un fonds d'environ 950 millions $ pour défrayer les
coûts de remplacement de leur système de plomberie en
Poly-B. Les consommateurs du Québec, de l’Ontario et de la
Colombie-Britannique ont dû se contenter d'un règlement de
recours collectif plus modeste.
Au Québec,
le recours collectif, entrepris en 1998, a fait l’objet
d’un règlement en 2004, dans lequel une procédure
de réclamation a été instituée pour les
propriétaires concernés. La date limite de
réclamation était fixée au 18 juin 2005. L'ACQC,
qui n'était pas partie à ce recours, a néanmoins
tenté de suivre son évolution. Nous ignorons toutefois la
teneur du règlement et surtout, combien de consommateurs ont
finalement pu en bénéficier.
Tuyaux défectueux
Introduit aux
États-Unis durant les années 1970 dans les
systèmes de plomberie d'alimentation en eau potable et dans
certains systèmes de chauffage radiant à eau chaude, le
polybutylène (Poly-B) est apparu sur le marché canadien
au début des années 1980, d’abord en
Colombie-Britannique, puis au Québec et en Ontario.
Déjà à cette époque, on le savait
défectueux.
A priori
considéré comme un produit miracle, puisque moins bruyant
et plus économique que la tuyauterie en cuivre, le Poly-B a
causé bien des surprises. Les tuyaux de plastiques gris
(quelques fois noirs) se détérioraient par l’action
du chlore contenu dans l’eau potable. Les fuites, à
répétition, survenaient aux joints et parfois ailleurs le
long des tuyaux.

Les fabricants Shell Oil et Du Pont de Nemours
ont pratiquement admis leurs torts en versant des millions de dollars
dans des fonds d’indemnités pour les consommateurs
américains et canadiens. D’ailleurs,
l’émission MarketPlace
de la CBC révélait au cours d’un reportage en 1999
des documents qui semblaient prouver la défectuosité du
produit. Par exemple, ce mémo interne de Shell Chemical,
où l’on peut lire «Admit our product
stinks…», que l’on pourrait traduire par
«Admettons que notre produit est pourri…»!
Au Canada,
plusieurs centaines de milliers d’immeubles (environ 225 000
au Québec) seraient encore équipés des tuyaux en
Poly-B, mais ce ne sont pas tous les propriétaires qui
éprouvent des problèmes. En fait, depuis que la
controverse fait rage au sujet de ce produit, l'ACQC n'a reçu
que très peu de témoignages de propriétaires qui
auraient connu des problèmes.
Plusieurs
propriétaires ou acheteurs de maison s'informent toutefois sur
le Poly-B et demandent à être rassurés: est-ce que
le système de plomberie en Poly-B est fiable, où
risque-t-il de crever et de causer des dégâts d'eau?
L'ACQC n'a pas de réponse à cette question et ne peut que
répéter ce qu'elle sait: Le Poly-B a fait l'objet de
réclamations de près d'un milliard de dollars, mais il
semble y avoir eu très peu de bris de ces tuyaux, à tout
le moins au Québec...
Depuis 1995, les fabricants ne produisent plus de tuyaux en polybutylène.
Liens utiles
Tuyauterie de poly-b: un cauchemar à l’horizon?, Yves Perrier, La Presse, 4 septembre 1999
Shell versera 20 millions $ pour régler un recours collectif, Presse Canadienne, Le Soleil, 12 juin 2004
Leaky Plastic Pipes, (en anglais) CBC Market Place
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Dernière mise à jour : 2008-08-10
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